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SOURIS

Souris

Description

On reconnaît la souris commune par son pelage teinté de brun ocre et de gris foncé ou chamois sur la partie ventrale. C’est l’une des trois espèces (outre le rat surmulot et le rat noir) qui vit en étroite relation avec l’homme. Contrairement au jeune rat, la souris a un museau plutôt pointu, des pattes plus petites et des oreilles bien développées. Sous sa forme blanche (albinos), elle constitue l’animal de laboratoire le plus utilisé. Les autres petits rongeurs avec lesquels on pourrait la confondre sont des espèces indigènes (natives de nos régions) qu’on observe habituellement dans la nature. Par exemple, les dommages observés au bas des jeunes arbres sont habituellement causés par les campagnols, qu’on appelle à tort « mulots ». On peut aussi apercevoir dans les maisons de campagne, ou à l’extérieur, la souris sylvestre qui est difficile à différencier de la souris à pattes blanches (et au ventre blanc), les souris sauteuses (à longue queue) ou les musaraignes (au nez très pointu et aux yeux minuscules).

Comportement

La souris commune peut creuser le sol et y nicher si elle n’a pas accès à d’autres abris. Son nid ressemble à une boule de 10 à 15 cm de diamètre fait de lambeaux fins de papier ou de toile. Au cours d’une même année, la souris peut avoir de 5 à 10 portées comprenant environ 6 petits (des souris de laboratoire auraient déjà produit 100 petits dans une année). Celles qui vivent dans les villes doivent cependant se faire concurrence pour trouver de la nourriture et un abri, en plus de se méfier des prédateurs (rats et chats). Les petits naissent sans poils et les yeux fermés; ils deviennent matures entre la sixième et la dixième semaine. Les accouplements peuvent se produire pendant toute l’année, mais ils sont plus fréquents au printemps ainsi qu’à la fin de l’été.

La souris commune est moins dépendante des sources d’eau que le rat. De plus, elle consomme de moins grandes quantités de nourriture et grignote plutôt ici et là (3 g par jour). Elle adore les graines et le grain, mais elle leur préfère parfois des aliments riches en sucre, en protéines ou en gras tels que le bacon, le chocolat ou le beurre. Elle se nourrit aussi de légumes, de fruits, de champignons, de racines, de viande et d’insectes, entre autres. La souris ne distingue pas les couleurs, mais elle possède un excellent sens de l’odorat, du goût et du toucher. C’est un animal surtout nocturne. Ses activités quotidiennes se déroulent dans un rayon de 3 à 9 mètres. Elle peut grimper et sauter à plus de 30 cm.

Endroits où on les remarque dans la maison

Les souris infestent les aliments entreposés et la nourriture des animaux domestiques. Elles peuvent ronger les structures ainsi que les fils électriques et endommager les matériaux d’isolation des murs. Lorsqu’elles recherchent des matériaux pour le nid, elles peuvent déchiqueter des vêtements et des documents. La souris commune niche dans une boîte, un placard, un grenier, un sous-sol ou un garage. Si on aperçoit davantage de souris aux alentours de la maison, il faut suspecter un problème à l’intérieur, car elles ont tendance à occuper des endroits peu accessibles tels que l’intérieur des murs et le dessous du plancher. La souris commune serait toutefois plus souvent présente dans les maisons et les commerces que les rats. Elle infeste également les musées et les garages. Cette souris peut aussi vivre, s’il y a de la nourriture accessible, sur les fermes ou dans les champs où elle creusera son terrier dans le sol ou installera son nid sous les pierres. Le trou qui donne accès à son terrier mesure 2,5 cm de diamètre.

Comme signe d’infestation, on peut entendre les sons qu’elle fait ou apercevoir sur le plancher, dans les armoires ou les placards, ses excréments ayant une ou parfois les deux extrémités pointues (0,6 cm de long ou moins). Elle en produit de 40 à 100 par jour. On peut également apercevoir les pistes laissées par ses pattes (1 à 1,9 cm) ou par sa queue (2 mm de large), les traces graisseuses que son pelage laisse lors de son passage, les dommages qu’elle cause en grugeant (marques de 1 à 2 mm de large) ou les trous d’entrée (de 4 cm de diamètre ou moins). L’urine de cette souris est fluorescente lorsqu’elle est éclairée par une lumière ultraviolette. Il est aussi possible de sentir son odeur particulière du fait qu’elle dépose des centaines de gouttelettes d’urine le long de son trajet. Il est également possible de l’apercevoir la nuit à l’aide d’une lampe de poche.

Moyens de prévention

Il faut mettre les aliments dans des contenants robustes, balayer fréquemment et pratiquer une bonne gestion des déchets pour réduire les sources de nourriture des souris. Il est également préférable de ne pas laisser traîner des boîtes ou d’autres débris qui pourraient leur servir d’abris. Ces mesures ne suffisent pas à elles seules à régler un problème de souris, mais elles y contribuent grandement puisqu’il existe alors moins de solutions de rechange aux appâts toxiques qui leur sont offerts, qu’il est plus facile d’observer les signes de présence et que la population ne devient pas trop nombreuse.

Comme les souris peuvent pénétrer dans les maisons par de petites ouvertures, il est recommandé de faire une inspection à l’extérieur et de boucher les ouvertures plus grandes que 0,6 cm (ce qui n’est pas simple) avec des matériaux résistants tels que du mortier, du ciment ou des feuilles de métal galvanisé. Le trou des tuyaux qui pénètrent dans la maison devrait aussi faire l’objet d’une telle mesure. Selon certains auteurs, la souris pourrait réussir à passer par une fente de la largeur d’un dix cents, d’où l’importance de colmater de telles ouvertures. Il est également recommandé d’installer des moustiquaires sur les fenêtres et les bouches d’aération ainsi que des panneaux en métal sous les portes en bois.

Si ces moyens de prévention ne sont pas respectés, rien n’empêchera de nouvelles souris de s’introduire dans la demeure.

Méthodes de contrôle

Les souris souillent dix fois plus de nourriture (en urinant, en déféquant ainsi qu’en lissant leurs poils) qu’elles en grignotent. Elles peuvent ainsi transmettre un virus causant la méningite (69 % d’entre elles en seraient infectées) ainsi que le ver solitaire et véhiculer différents agents pathogènes soit en mordant ou par les puces ou les acariens qu’elles portent. Comme elles peuvent contribuer à déclencher des incendies lorsqu’elles endommagent les fils électriques, on ne doit pas tolérer leur présence.

Il faut apprendre à différencier la souris commune, qui ne constitue pas un envahisseur temporaire, des autres espèces indigènes qui peuvent s’introduire dans les maisons à l’automne. Pour contrôler la souris commune, il faudra, en plus de surveiller les sources de nourriture, piéger les individus qui occupent un coin de la maison.

Les options permettant de lutter contre les souris sont sensiblement les mêmes que celles utilisées pour les rats. Toutefois, même si les souris craignent moins les nouveaux objets et sont moins dépendantes des sources d’eau que les rats, elles ne requièrent qu’un petit espace et se contentent de très petites quantités de nourriture qu’elles grignotent ici et là. C’est la raison pour laquelle il faut user de stratégie pour leur faire absorber la dose nécessaire d’anticoagulant ou de poison. Avant d’utiliser un produit antirongeur, il est important de bien lire l’étiquette.

Dans les maisons, il est souvent préférable d’utiliser les pièges à prise morte et de les attacher à des objets solides afin d’éviter l’odeur nauséabonde des animaux non retrouvés. On peut coller deux pièges à prise morte (trappes à souris) côte à côte et élargir la détente en y attachant une pièce de métal. L’appât doit être placé près du mur sur le trajet qu’empruntent les souris. Au début, on peut laisser le temps aux souris de s’habituer à l’appât pendant quelques jours avant d’enclencher les pièges. De petits morceaux de pain, de chocolat, de bacon, de gâteau ou de fruits séchés ou encore de fromage, des graines ou du beurre d’arachide peuvent servir d’appâts. Les pièges doivent être rapprochés (1,8 mètre), car les souris ne s’éloignent guère de leurs sources d’abris et de nourriture. Il est également possible de capturer les souris (peu importe leur taille) avec les trappes collantes en disposant un appât (beurre d’arachide, confiture ou miettes de gâteau) au centre. Il existe aussi certains pièges à prise vivante.

On peut laisser le temps aux souris de s’habituer à l’appât si on désire ajouter des anticoagulants (qui causent des hémorragies) ou des poisons, sinon elles peuvent éviter l’appât, avec ou sans produit antirongeur, pendant des semaines ou des mois. Dans certains endroits au Canada, 75 % des souris auraient acquis une résistance aux premiers anticoagulants (warfarine). Des abris contenant l’appât peuvent aussi être utilisés pendant quelques jours pour que les souris s’y sentent en sécurité. On utilise davantage les produits dont l’action est plus lente pour déjouer la vigilance des souris, car ces produits ne leur permettent pas de faire le lien entre leur état et la consommation de l’appât. Certaines formulations (les granules, par exemple) sont aussi plus faciles à manipuler pour les souris.

Des poudres renfermant une substance toxique (poudre de piste) sur lesquelles les souris circulent sont aussi utilisées, mais elles ne sont pas recommandées dans les maisons parce que le produit antirongeur contient une dose très concentrée.

Renseignements supplémentaires

Certains prétendent que les souris se sont développées à partir de rats qui ont vécus dans des conditions où il était préférable de pouvoir se faufiler dans de petits trous plutôt que d’être gros et féroces.

Un hybride du rat et de la souris de laboratoire aurait été produit grâce à l’insémination artificielle.

Certains individus dans une population de souris sont de nature plus craintifs et ne s’aventureront pas près des pièges, alors que d’autres s’y risqueront plus spontanément.

Un auteur prétend que la souris commune serait le mammifère le plus nombreux dans les villes après l’humain.

Croyances populaires

On pourrait penser être à l’abri d’un problème de souris (ou de rats) en raison de la présence d’animaux domestiques, mais en milieu urbain et en banlieue, ils peuvent vivre en étroite relation. Les repas des animaux domestiques offrent souvent aux souris une nourriture à leur disposition, et celles-ci peuvent même vivre sous les niches en profitant de l’absence des animaux domestiques pour se nourrir. L’introduction de chats ne suffirait pas à régler à elle seule un problème de souris, mais les chats peuvent prévenir une nouvelle infestation.


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